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| VICTIMES DES ASSURANCES | ||
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LE
DROIT BELGE EN MATIERE DES
ACCIDENTS DE LA
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VII. LE DECES |
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En
cas de décès de la victime, 4 types de dommage pourront être
indemnisés : 1.
le préjudice subi par la victime elle-même 2.
le dommage subi par la succession du défunt 3.
le dommage matériel subi par les proches de la victime 4.
le dommage moral subi par les proches de la victime. A.
Le préjudice ex haerede Il
s'agit du dommage subi par la victime suite à la souffrance morale
qui a précédé son décès, s'il est établi qu'elle en a eu
conscience. Le
tableau indicatif propose une évaluation ex aequo et bono de 620 EUR
à 2.500 EUR. B.
Le dommage subi par la succession Il
s'agit principalement des frais funéraires. En
principe, la personne qui a effectivement payé les frais funéraires
peut en postuler le remboursement Les
frais funéraires pris en considération seront les frais normaux et nécessaires
eu égard à la condition sociale et à la fortune du défunt. Cela
recouvre les frais de cercueil, de monument funéraire, les frais
vestimentaires (vêtements de deuil), les frais de repas de funérailles
et de faire-part, les frais de rapatriement du corps... Toutefois,
ces frais devront toujours être déboursés un jour ou l'autre. Le
dommage consiste ici en une dépense anticipée. Il
s'agit de rembourser la différence entre les frais funéraires
effectivement supportés aujourd'hui et le capital
qu'il sera nécessaire de constituer pour assurer le paiement des
frais funéraires au moment du décès "naturel" de la
victime. On
doit donc recourir aux tables de mortalité pour connaître la date théorique
du décès "naturel" de la
victime, et on utilise ensuite un coefficient de capitalisation. Exemple
: Accident
le 15.05.1999 La
victime est un homme, né le 19.04.1954 Son
épouse est née le 09.01.1959. Selon
les tables de mortalité (Levie,2000), l’espérance de vie moyenne
d’un homme de 45 ans (âge de la victime au moment du décès) est
d’environ 32 ans, et celle d’une femme de 40 ans (âge de l’épouse
au moment du décès) de 42 ans. L’épouse
aurait dû donc, en théorie, survivre encore 10 ans à son mari. Elle
aurait donc dû en principe supporter les frais funéraires de son défunt
mari, mais au terme de la survie probable de ce dernier, c’est-à-dire
dans 32 ans. Si
on considère que les frais funéraires effectivement supportés sont
de 3.700 _, l’anticipation de la dépense se calcule de la manière
suivante : Valeur
actuelle de 1 _
payable dans 32 ans, au taux de 3 % : 0,38834 x 3.700 _
= 1.436,86 _ Le
dommage subi s’élève donc à 3.700 _
- 1.436,86 _
= 2.263,14 _ Il
faut cependant noter que tout ce calcul n'a pas de raison d'être
lorsque les ayants droit n'auraient normalement jamais du payer ces
frais funéraires (par exemple les parents, pour leur enfant décédé).
Ils ont dans ce cas droit au remboursement intégral des frais justifiés. C.
Le dommage matériel des proches de la victime 1.
Le dommage matériel du conjoint survivant a)
le revenu de base Par
revenu, on vise généralement le revenu net évalué au moment du décès
(cfr. remarques supra). La
valeur économique d'une ménagère est fixée forfaitairement à un
montant variant selon la composition du ménage de 17,50 EUR à 25 EUR
pour un ménage avec 1 enfant et 5 EUR par enfant supplémentaire. Il
importe également de distinguer 2 périodes : -
la première couvre le temps écoulé entre le jour du décès et le
jour de la décision judiciaire -
la deuxième débute le jour de la décision judiciaire et tient
compte à la fois de la survie probable de la victime, et de celle de
l'ayant droit. b)
frais
d'entretien personnel Le
préjudice du conjoint consiste en la perte de la partie du revenu du
défunt dont il tirait un avantage personnel. Il
s'agit alors de déduire de l'ensemble des revenus du ménage un
pourcentage représentant les frais d'entretien
et les dépenses personnelles de la victime décédée. Ce
pourcentage est évalué en général entre 30 % et 35 % du revenu
global du ménage. Il
peut être plus élevé (±
40 %) pour un ménage de 2 personnes ou plus bas (±
20 %) pour une famille nombreuse. Ce
pourcentage est en fonction de la composition de la famille, de
l'ensemble des revenus du ménage, du train de vie de la victime et de
l'âge des enfants. Ce
pourcentage est donc calculé sur les revenus cumulés des époux (non
compris la valeur économique de la ménagère) et le chiffre obtenu
est ensuite déduit des revenus du défunt. c)
le système de capitalisation L'évaluation
du dommage peut se faire par une indemnisation forfaitaire ou par le
système de capitalisation (cfr. incapacité permanente). Toutefois,
s'il faut tenir compte de la survie lucrative de la victime, il faut
également être attentif à l'âge du conjoint survivant et à la durée
de vie correspondant à son âge (survie physiologique). La
capitalisation s'effectuera donc sur 2 têtes. L'âge retenu pour la survie lucrative de la victime est le même qu'en cas d'incapacité permanente : 65 ans pour un travailleur salarié et parfois 70 ans pour les indépendants et professions libérales. En
cas de décès d'une ménagère, la durée de capitalisation se
calculera sur la vie entière. Exemple
: Prenons
les données suivantes : Accident
le 15.05.1999 Victime
: homme né le 19.04.1954, employé, salaire annuel net de 24.700_. L’épouse
est née le 09.01.1959 et promérite une salaire annuel net de 20.000 _ Le
couple a 3 enfants mineurs. Le
dommage matériel subi par les proches peut être calculé de la manière
suivante : revenu
annuel net du ménage : 44.700 _
entretien
personnel de la victime : 44.700 _
x 20% = 8.940
_ montant
à capitaliser : 24.700 _
- 8.940 _ = 15.760
_ Le
calcul s’opère en tenant compte des paramètres suivants : âge
de la cessation de travail de la victime : 65 ans taux
de capitalisation : 3% tables
Levie 2000 Coefficient
d’annuité viagère temporaire sur la tête d’un homme de 45 ans
pendant 20 ans (65 ans – 45 ans ) : 14,34200 Coefficient
d’annuité viagère temporaire sur la tête d’une femme de 40 ans
pendant 20 ans : 14,80068 Coefficient
d’annuité certaine pour une durée de 20 ans : 15,02591 Le
coefficient de capitalisation sur deux têtes est donc de : 14,34200
X 14,80068 15,02591 =
14,13 Le
capital revenant aux ayants droits correspondra à : 15.760
_ x 14,13 = 222.688,80 _ d)
questions particulières 1°
cumul avec la pension de survie La
pension de survie que reçoit éventuellement la veuve n'est pas déduite
du revenu qui sert de base au calcul de l'indemnité. Selon
la Cour de Cassation la pension de survie trouve sa cause dans la législation
sociale et n'a pas pour objet de réparer un dommage. 2°
le dommage extra-professionnel Ce
poste couvre les activités économiques ou lucratives après ou en
dehors de l'activité professionnelle. En
cas de décès, on accorde rarement plus de 2.480 EUR. 2.
Dommage matériel des enfants Les
enfants cohabitants subissent également un dommage matériel du fait
du décès d'un de leur parent. L'indemnité
pour perte de revenu dans le chef des enfants est la plupart du temps
demandé par le conjoint survivant en son nom propre. En
cas de calcul séparé, une partie du revenu sera allouée à l'enfant
et capitalisée jusqu'à un certain âge déterminé en fonction de la
majorité ou de poursuite des études (à vérifier en fonction du
milieu social, de l'âge des enfants, des projets d'études...). Lorsqu'il
s'agit d'un accident du travail ou sur le chemin du travail,
l'assureur accident du travail payera une rente au conjoint et aux
enfants et pourra en réclamer le remboursement au responsable (cfr.
infra). Dans
ce cas, il est nécessaire que l'indemnité de droit commun soit scindée
entre le conjoint survivant et les enfants. 3.
Dommage matériel des parents Les
parents d'un enfant décédé peuvent obtenir une indemnité
forfaitaire pour leur dommage matériel, à condition de prouver
qu'ils profitaient directement et effectivement d'une partie des gains
de leur enfant et qu'ils pouvaient espérer en profiter encore pendant
un certain temps. 4.
Dommage matériel des conjoints séparés (mais non divorcés) Le
dommage matériel est le plus souvent évalué forfaitairement et sera
fonction (des chances de réconciliation). 5.
Dommage matériel des concubins Soit
un montant forfaitaire sera accordé, soit l'indemnité sera calculée
sur les mêmes bases que s'il s'agissait d'un couple marié. Tout
dépend de la stabilité de l'union, de sa durée, de la présence éventuelle
d'enfants communs ... D.
Le dommage moral des parents de la victime La
seule condition requise est que le demandeur prouve l'existence d'un
lien d'affection particulier avec la victime. Une
distinction est également opérée entre les ayants droit cohabitants
avec la victime et les non cohabitants. Le tableau indicatif propose des montants variant de 10.000 EUR (perte du conjoint) à 2.500 EUR (perte d'un frère ou d'une soeur).
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