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| VICTIMES DES ASSURANCES | ||
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LE DROIT BELGE EN MATIERE D'INDEMNISATION DES
ACCIDENTS DE LA |
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III. LE PREJUDICE MATERIEL |
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A.
Les experts 1.
Principe général Selon
l'usage général, le dommage est constaté et estimé par un expert
mandaté par l'assureur du responsable. L'estimation
a lieu de manière contradictoire, en présence du réparateur qui
représente le propriétaire du véhicule endommagé. La
tâche de l'expert consiste à examiner le véhicule dans les plus
brefs délais après l’accident et à évaluer le montant des réparations,
ainsi que leur durée. En
principe, les parties sont liées par l'évaluation des experts
qu'elles ont désignés : elles ne peuvent plus contester le montant
du dommage, sauf dans les cas d'erreurs graves. Dans
la pratique, le rapport d'expertise est signé par l'expert et par le
réparateur, qui s'engage à effectuer les réparations dans les règles
de l'art, pour le montant convenu. 2.
Absence d'accord Si
l'expert et le réparateur (ou la personne lésée) ne parviennent pas
à un accord sur l'évaluation du dommage, la personne lésée pourra
faire appel à un autre expert (appelé contre expert) qui l'assistera
dans la défense de ses intérêts. Si
les deux parties n'arrivent pas à se mettre d'accord, les parties désignent
de commun accord un tiers expert (arbitre) qui se prononcera irrévocablement
sur l'évaluation du dommage. Les
deux parties peuvent également demander la désignation d'un expert
judiciaire, par requête adressée au tribunal compétent. B.
Règlement du dommage 1.
Véhicule réparable Avant
de procéder à la réparation, la personne lésée devra en principe
attendre le résultat de l'expertise, mais de petites réparations
provisoires (par exemple la réparation des feux) destinées à
remettre le véhicule en état de circulation peuvent être effectuées
immédiatement. La
personne lésée n'est pas obligée de faire effectuer des réparations.
L'article
83 de la loi du 25 juin 1992 sur le contrat d'assurance terrestre
stipule que la personne lésée dispose librement de l'indemnité due
par l'assureur. Le
montant de cette indemnité ne peut varier en fonction de l'usage
qu'en fera la personne lésée. 2.
Véhicule en perte totale On
distingue 2 sortes de perte totale : -
la perte totale technique : les
dégâts au véhicule sont tels qu'une réparation est impossible. Le
dommage est égal à la valeur du véhicule avant l'accident, sous déduction
de la valeur de l'épave. -
la perte totale économique : les
dégâts au véhicule sont réparables mais à un prix disproportionné
par rapport à la valeur du véhicule. Dans
les deux cas, la valeur du véhicule avant l'accident sera déterminée
par l'expert, tandis que la valeur de l'épave dépendra des offres
faites par les acheteurs. L'expert
vendra l'épave au plus offrant, à moins que la personne lésée ne
veuille elle-même garder le véhicule au prix de l'offre la plus élevée. Les
frais de démontage et de montage d'accessoires doivent être remboursés
intégralement. C.
Les préjudices annexés 1.
La TVA La
TVA est fixée à 21 % et doit être remboursée par l'auteur du
dommage ou son assureur à la personne lésée qui n'est pas
assujettie à cette taxe. La TVA est due même si la personne lésée
ne répare pas le véhicule accidenté et, en cas de perte totale,
elle est due même si le véhicule détruit n'est pas remplacé. La
TVA est donc due dans tous les cas, en raison du principe que la
personne lésée peut disposer librement de l'indemnité accordée. Par
contre, si la personne lésée est assujettie à la TVA, le
remboursement de cette taxe ne sera pas dû par l’auteur du dommage. 2.
L’indemnisation du dommage résultant de l’ inutilisation du véhicule
suite à l’accident (chômage) Une
indemnisation journalière forfaitaire est en général accordée pour
l'immobilisation du véhicule. a)
En cas de réparation : une
indemnité est accordée pour l'immobilisation du véhicule durant le
délai d'attente et le délai de réparation. 1°
délai d'attente est le délai qui court depuis le jour de l'accident
jusqu'à la clôture de l'expertise. On
ne parle de délai d'attente que lorsque le véhicule est
vraiment inutilisable, c'est-à-dire, qu'il ne peut plus être mis en
circulation. Si
le délai d'attente se prolonge en raison du comportement de la
personne lésée (par exemple, lors d'une contestation injustifiée),
le chômage ne sera pas indemnisé. 2°
La durée des réparations est la période nécessaire à la réparation
du véhicule. Cette
durée est convenue entre l'expert et le réparateur et est mentionnée dans
le rapport d'expertise. b)
En cas de perte totale : Une
indemnité peut être accordée pour le chômage durant le délai
d'attente et le délai de mutation. 1°
Le délai d'attente (cfr. supra) court depuis le jour de l'accident
jusqu'au jour où la personne lésée est avisée de la mise en perte
totale de son véhicule. 2°
Le délai de mutation est le délai nécessaire à la victime pour
s'acheter une nouvelle voiture et accomplir les formalités
administrative. La
durée de mutation est généralement évaluée à 6 jours dans le
rapport d'expertise. Les
tribunaux acceptent souvent un forfait de 15 jours mais la personne lésée
peut également prétendre à une indemnité pour toute la période
courant du jour où elle est avisée de la perte totale au jour de
livraison du véhicule
de remplacement, à condition que cette période ne soit pas
exceptionnellement longue. Il
est généralement accordé un montant forfaitaire par jour de chômage,
selon le type de véhicule sinistré (voit tableau indicatif en
annexe). 3.
Frais de remorquage et de dépannage Ces
frais sont indemnisés sur production des pièces justificatives. 4.
Location d'un véhicule de remplacement Lorsque
la personne lésée loue un véhicule de remplacement pendant la période
d'immobilisation de son véhicule sinistré, elle aura droit au
remboursement des frais de location. Il
est sans importance que le véhicule soit utilisé à usage
professionnel ou privé. La jurisprudence pose toutefois certaines
conditions : -
le véhicule de remplacement doit être de la même nature et de la même
catégorie que le véhicule accident -
il doit y avoir un contrat de location en bonne et due forme -
le véhicule accidenté doit être réparé ou remplacé. Le
titulaire d'un véhicule de remplacement fait l'économie de certains
frais car son véhicule n'est pas soumis à l'usure tant qu'il n'est
pas utilisé. Ces
économies sont parfois prises en considération en diminuant
l'indemnité de location d'un certain montant (entre 61,97 EUR et
123,95 EUR) ou d'un certain pourcentage (10 à 25 %). 5.
Frais de financement En
attendant le versement de l'indemnité, la personne lésée se verra
parfois contrainte de recourir à un emprunt afin de couvrir les frais
de réparation ou l'achat d'un véhicule de remplacement. La
jurisprudence est partagée sur la question de savoir si ces frais de
financement sont à charge de l'auteur du dommage. Dans
le plupart des cas, la personne lésée est tenue de prouver qu'elle
ne disposait pas de moyens financiers suffisants pour supporter les
frais d'achat d'un véhicule de remplacement, ou pour faire effectuer
des réparations. 6.
La taxe de mise en circulation (TMC) Toute
personne lésée qui fait immatriculer à son nom un véhicule de
remplacement en cas de perte totale du véhicule sinistré, doit payer
cette taxe. Elle
peut en obtenir remboursement auprès de l'auteur du dommage. Le
montant remboursé est calculé sur base du véhicule endommagé (âge
du véhicule et puissance fiscale ou réelle du moteur). 7.
Frais d'immatriculation Le
véhicule de remplacement acheté à la suite d'une perte totale doit
être immatriculé. Cette
procédure entraîne des frais qui sont récupérables auprès de
l'auteur du dommage. 8.
Frais de contrôle technique Une
visite de contrôle technique est obligatoire pour tous les véhicules
et remorques ayant subi, suite à un accident, des détériorations
affectant le châssis, la direction, la suspension ou le dispositif de
freinage, ou ayant subi un sinistre total économique.. Les frais de
contrôle peuvent être réclamés à l'auteur du dommage. 9.
Dépréciation du véhicule après réparation Les
indemnités pour dépréciation sont très rarement accordées. Tout
d'abord parce que ce dommage est difficile à prouver, mais aussi
parce que l'on part du principe que la réparation remet le véhicule
dans l'état où il se trouvait avant l'accident. 10.
Frais d'expertise Chaque
partie paye l’expert qu’elle a désigné. 11.
Frais divers -
Les dommages aux vêtements et aux biens transportés sont la plupart
du temps indemnisés par un montant forfaitaire. -
En ce qui concerne la perte de vacances provoquée par
l’indisponibilité du véhicule, un dommage moral est souvent accordé
sur base d'un montant forfaitaire variant entre 123,94 EUR et 495,79
EUR. - Les frais d'hôtel ou d'hébergement, en relation causale avec l'accident, sont remboursés par l'assureur RC auto du responsable. |
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